Histoire

Histoire d'IRU

Moteur du transport routier depuis sept décennies

Les années 40 : reconstruire l’Europe

IRU a été fondée à Genève afin d’aider l’Europe ravagée par la guerre à retisser les liens économiques et commerciaux entre les nations. Au départ simple alliance entre associations de transport de passagers et de marchandises de huit pays européens, IRU devait représenter le secteur du transport routier auprès de la toute jeune ONU, chargée de tracer les contours de la nouvelle Europe d’après-guerre.  

Dès 1949, IRU lance le régime TIR – à l’origine un accord intergouvernemental – qui évoluera par la suite en convention mondiale. Le TIR devient l’outil de facilitation des échanges commerciaux par excellence dans l’Europe d’après-guerre où les relations géopolitiques sont encore fragiles. Le régime de transit douanier permet aux marchandises de franchir aisément des frontières encore instables au moment où les économies et les populations commencent à relever la tête. Le TIR devient alors un véritable instrument de prospérité. 

Les années 40 : reconstruire l’Europe

Les années 50 : réécrire les règles du transport routier

Son rôle de représentant à l’ONU permet à IRU de s’allier avec des gouvernements pour réécrire les règles du transport pour les décennies qui vont suivre. Ainsi, IRU participe ou est à l’origine de chacune des conventions de l’ONU liées au transport routier ou qui fixent les rôles et les responsabilités au sein de la chaîne logistique et de transport. 

L’année 1956 marque la signature de la Convention relative au Contrat de transport international de marchandises par route (CMR). Pour la première fois, les devoirs et responsabilités des entreprises privées actives dans le transport de marchandises sont consignés noir sur blanc. Associée au TIR, la CMR devient et reste à ce jour le document de transport le plus utilisé par les expéditeurs, les destinataires et les transporteurs du monde entier. Véritable passeport de l’opération, elle reprend toutes les informations essentielles sur les marchandises transportées. 

En février 2008, la Convention CMR se double d’un protocole consacré à la lettre de voiture électronique. Le texte s’impose comme la pierre angulaire d’une stratégie mondiale de digitalisation du transport et de la logistique alors que le secteur cherche à embrasser les innovations révolutionnaires du 21e siècle. 

L’année 1959 et le TIR scellent le premier partenariat public-privé entre IRU et l’ONU qui unissent leurs forces pour créer la Convention de l’ONU sur le transport international de marchandises sous le couvert de carnets TIR. IRU reste gestionnaire du régime qui s’impose rapidement comme la norme mondiale en matière de transit douanier. 

Les années 50 : réécrire les règles du transport routier

Les années 60 : l’ère de la sécurité

Un certain nombre de pays d’Europe de l’Est rejoignent IRU et le rayonnement de l’organisation prend de l’ampleur. IRU adopte alors une vision unique et mondiale du transport routier dans un contexte de tensions sociales et culturelles à l’échelle internationale. Le partage des bonnes pratiques devient l’un de ses fers de lance au moment où l’Ouest entre dans une ère de prospérité. 

En 1966, IRU lance deux prix qui récompensent l’héroïsme et, surtout, la sécurité. Il s’agit véritablement d’un moment charnière pour l’organisation qui va faire de la sécurité et du professionnalisme ses deux chevaux de bataille, les plaçant au cœur de chacune de ses actions. IRU milite pour l’instauration de normes internationales pour renforcer la sécurité et s’implique auprès des Nations Unies, des organisations internationales et des gouvernements en vue de faire adopter des normes aussi bien officielles qu’informelles, notamment au travers des commissions IRU (Sécurité routière ; Affaires techniques ; Affaires juridiques) et du groupe d’experts sur le transport de marchandises dangereuses. Politique des transports.

Les années 60 : l’ère de la sécurité

Les années 70 : le mode qui convient

L’émergence et la normalisation des conteneurs dans les années 1970 bouleversent les codes du transport de marchandises. L’intermodalité s’impose comme une nécessité absolue et en 1975, une nouvelle Convention TIR est signée, permettant au TIR de demeurer le meilleur outil de transit, y compris pour le transport intermodal. 

Le texte de 1959 subit une refonte complète et le régime TIR est étendu au transport de marchandises via d’autres modes, à condition qu’au moins l’un des tronçons de l’opération s’effectue par la route. 

Les années 70 : le mode qui convient

Les années 80 : le modèle de Bruxelles

Désormais présente à Bruxelles (depuis 1973), IRU s’invite à la table des négociations politiques européennes et est donc aux premières loges lorsque le Parlement européen saisit la Cour de justice européenne et intente une action contre le Conseil de l’Union européenne pour son incapacité à concevoir une politique commune des transports. Le jugement rendu par la Cour en mai 1985 donnera véritablement le coup d’envoi de la politique européenne des transports. 

L’offensive législative en préparation du marché unique européen annonce un virage majeur en matière de politique des transports qui devient un exercice d’équilibre entre l’accès au marché et les règles communautaires dans des domaines tels que les temps de conduite et de repos des conducteurs de poids lourds.

IRU contribue à la politique de l’UE ainsi qu’au processus législatif et aux initiatives européennes. IRU revendique un cadre opérationnel économiquement viable pour les transports tout en veillant à garantir une concurrence équitable sur le marché et à préserver le rôle moteur du secteur dans la mobilité, les échanges et le tourisme partout en Europe. Une mission qui aujourd’hui à plus que jamais tout son sens dans le contexte du Brexit, du « Paquet mobilité » et de la décarbonisation des transports.

C’est également dans les années 80 qu’IRU lance son système de classification par étoiles des autocars afin d’améliorer la qualité, la sécurité et le confort dans le secteur.

Les années 80 : le modèle de Bruxelles

Les années 90 : un transport routier durable

Au lendemain du 1er Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et de l’adoption de l’Agenda 21 par 182 pays, IRU est la première organisation de transporteurs à s’impliquer dans le Plan de développement durable de l’ONU. IRU introduit alors la notion de développement durable dans sa constitution et adopte en 1996 une Charte pour le développement durable puis une stratégie dite des 3 « i » (innovation, incitations et infrastructure).

Plus tard, IRU publie sa résolution « 30 pour 30 » par laquelle l’ensemble du secteur du transport routier s’engage à réduire ses émissions de CO2 de 30% à l’horizon 2030.

La stratégie de développement durable du secteur repose essentiellement sur la professionnalisation ; un message renforcé avec la création de l’Académie d’IRU – la branche formation d’IRU – à la fin des années 90. La professionnalisation a assurément des résultats tangibles – effets positifs de l’écoconduite et de la formation en prévention des accidents sur l’environnement et la sécurité – mais, en améliorant les performances du système de transport et l’accès à la mobilité pour tous, elle a aussi des retombées bénéfiques sur les plans économique et social. Elle est donc un moteur de prospérité.

Le développement durable reste au cœur de l’action d’IRU. L’organisation poursuit dès lors sa collaboration étroite avec la Banque mondiale, l’ONU et l’ensemble du secteur en vue d’atteindre les objectifs fixés et de définir un agenda mondial pour le développement durable dans le transport routier. 

Les années 90 : un transport routier durable

Les années 2000 : la Route de la Soie renaît

Consciente de l’émergence de la Chine en tant que puissance mondiale et inspirée par l’adhésion de l’Association chinoise des transports routiers, IRU a alors l’idée de revitaliser l’ancienne Route de la Soie. Avec le projet NELTI (Nouvelle initiative de transports terrestres eurasiatiques), IRU donne un élan concret à sa stratégie pour connecter les entreprises asiatiques et européennes de la région Eurasie à tous les grands marchés mondiaux et ouvrir les yeux du public et du secteur privé sur les formidables opportunités qu’offre ce pont terrestre entre les deux continents. 

À partir des données de 200 000 opérations transfrontalières, l’étude NELTI révèle que les postes-frontières sont responsables de 57% du temps perdu par les transporteurs sur la Route de la Soie et d’un surcoût de 38% imputable à des prélèvements officieux. L’utilité du TIR est une nouvelle fois mise en exergue. 

La mise en œuvre, en 2018, de l’initiative One Belt One Road (OBOR) lancée par la Chine un peu plus tard prouve que le travail visionnaire entamé de longue date par IRU pour rouvrir l’ancienne Route de la Soie a porté ses fruits et a véritablement posé les fondations des avancées récentes qui s’apprêtent à transformer le potentiel commercial de la région. D’autant que la Chine a fait du TIR l’une des priorités premières pour l’aboutissement de son initiative. 

Les années 2000 : la Route de la Soie renaît

Les années 2010 : audace numérique, croissance mondiale et concurrence équitable 

Toujours plus numérique, plus connecté et plus automatisé : le transport routier prend la révolution en marche. 
Depuis 2010, IRU voit son réseau mondial croître de façon accélérée avec les adhésions de la Chine, de l’Inde et du Pakistan au régime TIR. S’ils ne sont pas les seuls à avoir ratifié récemment la Convention TIR, ces pays abritent à eux trois 40% de la population mondiale. IRU prend une dimension planétaire. 

Le TIR offre désormais des solutions 100% numériques et intermodales. Les corridors commerciaux digitalisés se multiplient aux quatre coins du globe et le TIR et l’e-CMR s’imposent comme la norme mondiale pour le transport numérique. 

L’ONU adopte une résolution qui souligne le rôle clé de l’e-CMR, qui fait de l’innovation un instrument du quotidien, et signe un accord historique avec IRU pour promouvoir la digitalisation complète du régime de transit douanier TIR.

Tout en encourageant l’innovation, IRU défend le principe du « même service, mêmes règles » vis-à-vis des nouveaux acteurs de marché qui pénètrent un secteur des taxis en pleine mutation. 

Face à l’expansion des populations urbaines, IRU présente les autobus et les autocars comme un élément de la solution qui permettra de réduire l’empreinte écologique de la mobilité. Sa campagne Bougez malin met en avant le précieux levier qu’offre ce mode de transport en matière de réduction des émissions et de création d’emplois mais aussi de prévention des accidents mortels sur les routes et de lutte contre la congestion.

Guidant le secteur vers son avenir, IRU annonce la tenue de son Congrès mondial à Oman. Pour son 70e anniversaire, IRU veut faire de cet événement un forum pour relever les défis d’aujourd’hui mais aussi proposer les solutions qui permettront au secteur de rester à l’avant-garde de l’innovation pendant les 70 prochaines années. 

Les années 2010 : audace numérique, croissance mondiale et concurrence équitable