جمهورية قيرغيزستان – دولة متصلة بطريق الحرير القديم

Vision

République kirghize – une nation sans littoral sur l’ancienne Route de la soie

21 déc 2017 Bichkek

Azamat Talapbekovich Sulaymanov, Président du Service d’Etat douanier (SCS), organe du gouvernement de la République kirghize, nous parle des enjeux commerciaux actuels et expose son point de vue quant à l’adhésion de la Chine au Régime TIR.

Suite à l’organisation d’une première caravane de poids lourds pilote le mois dernier afin de tester la voie de transport commercial terrestre reliant l’Ouzbékistan à la Chine, en passant par le Kirghizstan, Azamat Talapbekovich Sulaymanov (République kirghize) propose un aperçu des enjeux commerciaux au niveau national et évoque la mise en œuvre prochaine du Régime TIR en Chine.     


    Aperçu de l’industrie du transport au Kirghizstan

    Au Kirghizstan, le transport est fortement limité en raison de la topographie montagneuse du pays. Les routes sinueuses traversent des vallées encaissées et des cols à 3 000 mètres d’altitude et plus, propices aux glissements de terrain et aux avalanches qui sont des phénomènes fréquents. En hiver, il est pratiquement impossible de rejoindre la plupart des régions les plus reculées de haute altitude.

    Avec le soutien des banques de développement et des investissements en provenance de Chine, des projets de construction et de réhabilitation des routes et des voies ferrées ont vu le jour.

    Les principaux corridors internationaux de transit et de transport routier vers la Chine sont Bichkek-Naryn Turugart-Kachghar et Och-Sary Tach-Irkechtam-Kachghar.

    L’axe Bichkek-Jalal Abad-Och, également appelé « Nord-Sud », constitue un autre axe autoroutier important. Il s’agit d’une priorité pour le Kirghizstan, dès lors qu’il facilite l’interconnexion des moyens de transport entre les deux principales régions de Bichkek et Och et fait partie du plus vaste corridor de transit entre le Tadjikistan et la Russie via le Kirghizstan et le Kazakhstan.

    caravane de camions

    Récemment, une première caravane de poids lourds pilote visant à tester la voie de transport commercial terrestre reliant l’Ouzbékistan à la Chine, en passant par le Kirghizstan, était organisée par les trois ministères des Transports, avec l’appui d’IRU. L’événement a fait date. Lancée le 30 octobre 2017, la caravane a parcouru un axe Tachkent-Andizhan-Och-Irkechtam pour rejoindre Kachghar, couvrant une distance d’environ 950 km, dont 260 km sur le territoire du Kirghizstan (Och-Irkechtam). Le voyage a mis en relief un potentiel d’économies de l’ordre de 20 pour cent par rapport à l’itinéraire ferroviaire, bien plus long.


    Pouvez-vous nous parler du Régime TIR au Kirghizstan ?

    Le Régime TIR est pleinement opérationnel sur le territoire kirghize – le Kirghizstan y a adhéré en 1997. Le système constitue actuellement l’une des conventions internationales les plus efficaces dans le domaine du transport et il s’agit du seul système de transit douanier international.

    Au Kirghizstan, plus de 90 pour cent des mouvements de marchandises s’effectuent par la route.

    Les mouvements internationaux de marchandises permettent de connecter le pays avec la communauté mondiale et servent de base afin d’assurer les échanges commerciaux avec l’étranger et de faciliter l’intégration du pays au sein du système économique mondial.

    À la lumière de ce qui précède, et étant donné que la République kirghize ne possède aucun accès à la mer, la Convention TIR joue un rôle majeur dans le développement du potentiel de transit du pays au sein de l’environnement logistique international.

    La Convention TIR joue un rôle majeur dans le développement du potentiel de transit du pays au sein de l’environnement logistique international.

    Fondé sur un désir commun de développer et d’élargir la coopération en matière d’opérations de fret routier internationales, un protocole d’entente a été signé en 2014 entre le gouvernement de la République kirghize et IRU en vue d’assurer le développement des activités de transport routier entre l’Asie et l’Europe, et au-delà, à travers le territoire de la République kirghize. Le protocole d’entente vise également à améliorer le cadre juridique concernant les liaisons de transport routier international et le trafic de transit, développer l’infrastructure routière et les centres de logistique internationaux et améliorer la sécurité routière sur les routes du monde entier.

     

    Tirez-vous parti des capacités numériques du TIR ?

    Nous avons pris des mesures concrètes en vue de développer le Régime TIR au Kirghizstan. Le 10 octobre 2012, un protocole d’entente a été signé entre le SCS, l’Association des opérateurs de transport routier international de la République kirghize et IRU, concernant la coopération trilatérale en matière d’utilisation des outils informatiques spécifiques au Régime TIR : SafeTIR et TIR-EPD.

    Les systèmes SafeTIR et TIR-EPD ont été introduits avec succès dans le Système d’information automatisé et unifié du SCS en 2013 et 2014, respectivement.

    Dans le sillage de la mise en œuvre de ces outils informatiques TIR... la sécurité et la fiabilité des opérations TIR se sont vues renforcées.

    Dans le sillage de la mise en œuvre de ces outils informatiques TIR, on a assisté à une amélioration de la qualité de l’administration des douanes et à une réduction de la durée des procédures de dédouanement des marchandises, et la sécurité et la fiabilité des opérations TIR se sont vues renforcées.

    Les systèmes douaniers automatisés ont alors été en mesure d’évaluer les risques potentiels de façon anticipée, sur la base des informations préliminaires. Avec l’entrée de la République kirghize au sein de l’Union économique eurasienne, le Système d’information automatisé et unifié s’est vu modernisé, entraînant la suspension temporaire des systèmes TIR-EPD et SafeTIR.

    Si tôt achevés les travaux nécessaires au rétablissement du système SafeTIR, en décembre 2016, le SCS a relancé avec succès l’ensemble des modules pertinents du système SafeTIR en temps réel. Une mise à jour du fonctionnement du système TIR-EPD est du reste prévue dans un proche avenir, de même que la poursuite de la numérisation du TIR.

     

    Pouvez-vous nous parler des accords commerciaux en cours ?

    La coopération entre le service des douanes de la République kirghize et celui de la Chine s’appuie sur un accord de 1994 et un protocole d’entente de 2004 au sujet du partage d’informations relatives aux statistiques du commerce extérieur. Un accord sur le trafic de transit a en outre été conclu en 2003 entre le Kirghizstan, le Pakistan et la Chine.

     

    Quelles frontières sont le plus fréquemment empruntées ?

    Une résolution de 2007 a identifié une liste approuvée de points de passage de la frontière, incluant Torugart et Irkechtam le long de la frontière de 1084,25 km entre la République kirghize et la Chine. Torugart se situe dans la région de Naryn, district d’At-Bashyn, à environ 500 km de Bichkek sur la route de Kachgar (reliant le Kirghizstan à la Chine). Irkechtam se situe dans la province d’Och, district d’Alay, à 4 km à l’est du village de Nur.

    Une fois que les marchandises franchissent ces frontières douanières, les biens importés sont livrés par les transporteurs aux sites de destination et présentés à l’autorité douanière. Au cours de ce processus, ni l’état ni l’emballage des marchandises ne doivent être altérés et aucun sceau, cachet ou autre moyen d’identification ne peut être modifié, supprimé, détruit ou endommagé. Le transporteur, le représentant des douanes ou toute autre partie intéressée est autorisé à fournir à l’autorité douanière des informations préliminaires au sujet des marchandises avant que celles-ci ne pénètrent effectivement sur le territoire douanier de l’Union douanière. En République kirghize, le transporteur est tenu de fournir ces informations préliminaires.

     

    Quel est le temps d’attente moyen à ces frontières ?

    La résolution de 2007 au sujet d’une liste approuvée de points de passage de la frontière stipule que la durée maximale des contrôles douaniers et frontaliers effectués sur les marchandises et véhicules importés/exportés vers et en dehors du territoire de la République kirghize ne doit pas dépasser une heure.

    Prochainement, une étude relative au temps nécessaire à la mainlevée sera entreprise. Le temps consacré par les autorités aux contrôles aux frontières sera déterminé à l’aide de la méthodologie de l’Organisation mondiale des douanes, afin d’améliorer et d’affiner les procédures actuelles.

     

    Parlez-nous du commerce entre votre pays et la Chine.

    En 2016, le volume des échanges entre la République kirghize et la République populaire de Chine s’élevait à 1 milliard 563,9 millions de dollars des États-Unis, soit 44,4 pour cent du volume des échanges enregistré par la République kirghize en 2016. Les importations représentaient 1 milliard 473,8 millions de dollars (soit une augmentation de 41,7 pour cent par rapport à 2015) et les exportations se chiffraient à 80,1 millions de dollars (2,2 fois plus qu’en 2015).

    En 2016, le volume des échanges entre la République kirghize et la République populaire de Chine s’élevait à 1 milliard 563,9 millions de dollars des États-Unis, soit 44,4 pour cent du volume des échanges enregistré par la République kirghize en 2016. Les importations représentaient 1 milliard 473,8 millions de dollars (soit une augmentation de 41,7 pour cent par rapport à 2015) et les exportations se chiffraient à 80,1 millions de dollars (2,2 fois plus qu’en 2015).

    Compte tenu de la place prépondérante de la Chine dans le volume des échanges extérieurs de la République kirghize...

    ...nous espérons que l’adhésion de la Chine à la Convention TIR ouvrira de nouvelles perspectives...

    ...en vue d’une efficacité accrue du transport de marchandises, stimulant ainsi le développement régional et la croissance du commerce international et de l’économie dans son ensemble.

    Azamat Talapbekovich Sulaymanov

    Azamat Talapbekovich Sulaymanov

    « Dès lors que la République kirghize ne possède aucun accès à la mer, l’application de la Convention TIR joue un rôle majeur dans le développement du potentiel de transit du pays au sein de l’environnement logistique international. »

    Fort d’une formation en ingénierie et d’une vaste expérience de la réglementation dans des environnements relevant du domaine des douanes, l’intervention de M. Sulaymanov permet de mieux appréhender les questions commerciales et frontalières en République kirghize. Il préside actuellement le Service d’Etat douanier, organe du gouvernement de la République kirghize, et jouit de plus de dix ans d’expérience dans le domaine.

    Il a également contribué aux rapports Doing Business de la Banque mondiale sur le Kirghizstan en 2009 et 2010, en qualité d’expert des questions douanières.
     

    Kirghizstan

    Le KIRGHIZSTAN est un pays montagneux enclavé d’Asie centrale. Il est bordé au nord par le Kazakhstan, à l’ouest par l’Ouzbékistan, au sud-ouest par le Tadjikistan et à l’est par la Chine. Sa capitale est Bichkek, la plus grande ville du pays. En raison de sa situation géographique, le Kirghizstan se situe depuis toujours au carrefour de plusieurs grandes civilisations le long de l’ancienne Route de la soie.

    Le Kirghizstan est membre de l’Union économique eurasienne (EAEU), de la Communauté des États indépendants (CEI), de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), de l’Organisation de coopération économique (OCE), de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), et d’autres. Il partage une frontière commune avec la Chine de 1072 km de long, avec 2 points de passage frontaliers : Irkechtam et Turugart.

    En 2016, 5 498 carnets TIR ont été délivrés au Kirghizstan. La même année, les opérateurs de transport kirghizes ont réalisé 12 940 trajets en charge avec la Chine (1 025 entrants et 11 915 sortants).

    AIRTO KR, Membre d’IRU dans ce pays, compte actuellement 75 transporteurs affiliés qui sont des utilisateurs actifs du Régime TIR et exploitent une flotte totale d’environ 1 000 véhicules.