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En route vers le développement durable


En route vers le développement durable :

Une initiative de la profession routière pour forger un meilleur avenir économique, social et environnemental

La Charte de l'IRU pour le développement durable, adoptée à l'unanimité par les membres de l'IRU à l'occasion de son Congrès mondial en 1996, est le moteur des initiatives de la profession pour parvenir à un développement durable du transport routier.

L'initiative proactive de l'IRU "En route vers le développement durable", suite à l'adoption de la Charte de l'IRU, ouvre la voie à des actions concrète de l'ensemble des parties concernées par cet objectif commun.

Résumé

Le transport routier, composante essentielle de toute société moderne

Le transport occupe une position socio-économique incontournable en rapprochant l'offre de la demande. C'est un relais indispensable entre les divers secteurs de l'industrie. En tant que mode acheminant la plupart des personnes et des marchandises à destination, le transport routier est indispensable au tourisme, au commerce et à la santé de l'économie.

La profession routière est consciente de ses responsabilités...

La profession routière est pleinement consciente de son rôle économique essentiel, ainsi que de ses responsabilités sociales en ce qui concerne la sécurité routière, les conditions de travail, l'environnement, les économies d'énergie, et par voie de conséquence, le développement durable.

...et prête à prendre l'initiative

Le transport routier va contribuer de façon essentielle à notre avenir économique, social et environnemental. L'IRU a pris les devants en élaborant le cadre d'une politique permettant à l'ensemble de la profession de réaliser les trois objectifs du développement durable. Ces trois objectifs, qui figurent dans la Charte de l'IRU ainsi que préconisé par l'Agenda 21, sont le développement économique, la justice sociale et la protection de l'environnement.

Equité et rentabilité sont des principes essentiels pour parvenir au développement durable

Ce n'est que dans des conditions d’équité, en vertu de ce principe, où chaque mode est traité de manière égale en ce qui concerne, par exemple, les dépenses d'infrastructure et la taxation, les mécanismes de tarification et les cibles pour la réduction des émissions, que les objectifs du développement durable pourront être atteints.

Les problèmes d'environnement doivent être traités à la source de façon rentable et au coût global le plus bas possible. Ce principe s'applique également à la profession routière et à tous les autres secteurs de l'économie.

Aménagement du territoire (en % de la surface)
(Sources: CEC basées sur Eurostat et IRF)
Les routes ne couvrent qu'une partie infime de l'ensemble de l'aménagement du territoire.
Pourcentage du territoire couvert par les routes (en % de la surface)
(Sources: CEC basées sur Eurostat et IRF)
Le pourcentage de la surface couverte par les routes, même dans des pays à forte densité de population comme les Pays-Bas, est loin de ce qu'imagine le public.

Les cinq conditions préalables pour atteindre nos objectifs communs

Pour réellement parvenir au développement durable, les principes d'équité et de rentabilité doivent être accompagnés de cinq conditions préalables.

1: Assurer une circulation adéquate du trafic utilitaire

Les bouchons sont économiquement, socialement et écologiquement néfastes.

L'infrastructure existante est sous-exploitée. Les investissements en infrastructures n'ont pas suivi la demande économique et sociale.

  • les réseaux de distribution encombrés limitent le développement économique et la compétitivité en réduisant l'efficacité des transports et en augmentant les coûts;
  • la congestion entrave la mobilité des personnes; enfin
  • la congestion rendra vaine toute initiative de la profession routière en faveur de l'environnement.

D'aucuns prétendent que l'espace est limité et que les routes occupent déjà une trop grande surface. Les conducteurs ne voient la route qu'à travers leur pare-brise, raison pour laquelle cet argument est rarement remis en question. Mais à vol d'oiseau, la perspective est bien différente, comme le démontrent clairement les graphiques ci-dessus.

Une meilleure utilisation de l'infrastructure routière existante, y compris une priorité d'usage au trafic utilitaire au nom de la rationalité économique, ainsi que des investissements adéquats dans le développement de l'infrastructure, sont des conditions sine qua non pour la réalisation des objectifs et principes communs de l'Agenda 21

2: Envoyer le bon décompte au bon endroit

A. "l'usager paie"

L'environnement a tout à gagner du principe "l'usager paie", si l'on récompense, par exemple, l'usage de véhicules plus propres par des mesures d'incitation économiques. Le résultat en sera un environnement plus propre.

Au nom de la rentabilité et de l'équité, chaque mode de transport devrait couvrir l'ensemble des dépenses d'infrastructure qui lui sont imputables. La profession routière est prête à respecter ce principe, pour autant que

  • les coûts soient internalisés pour tous les modes;
  • l'ensemble des usagers paie sans discrimination;
  • les revenus en question soient consacrés à l'expansion et à l'entretien de l'infrastructure du mode concerné.

B. "taxation en fonction de l'usage effectif"

Le principe de "taxes équitables au bon endroit" rend nécessaire une modulation des coûts en fonction du type de véhicule et du principe de territorialité.

Pour atteindre un développement durable, les coûts fixes (taxes routières, Eurovignette, etc.) devront, à terme, être remplacés par des coûts variables, sans discrimination, et surtout - pour des raisons macro-économiques - sans augmentation de l'ensemble de la charge fiscale.

C. "le pollueur paie"

L'Agenda 21 établit le principe du "pollueur payeur", principe qui doit être appliqué à l'ensemble des activités économiques, et donc à tous les modes de transport.

3: Rationalité économique en tant que fondement de la politique

Bien que la détermination des objectifs d'environnement ne soit pas forcément un choix rationnel, il faut, dans la mesure du possible, baser les instruments et mesures à adopter sur un raisonnement économique.

4: Laisser à la libre concurrence et à l'expéditeur le choix du mode et du transporteur

L'efficacité du marché exige la libre concurrence et, par extension, la liberté des expéditeurs de choisir le mode de transport et le transporteur à même de répondre à leurs besoins et à leurs exigences. Les forces du marché engendrent l'innovation. Si les mesures d'incitation visent elles aussi à sauvegarder l'environnement, les mêmes forces du marché engendreront des innovations en faveur de l'environnement.

5: Imputation des coûts à l'expéditeur et au consommateur

Selon la théorie économique, qui ne reflète pas la réalité dans ce cas, il est important que les coûts d'environnement imputables aux transports soient imputés directement à ceux qui bénéficient d'un service de transport, et en dernier recours aux consommateurs, qui se doivent de supporter les coûts de leurs choix.

Une fois que la possibilité existe d'imputer les coûts de manière équitable, les mesures politiques seront nettement plus efficaces, car elles permettront d'opérer une nouvelle répartition des coûts au sein de l'économie.

Les politiques doivent être fondées sur les réalités économiques, sociales et environnementales

Pour élaborer une politique saine visant à un développement durable du transport routier, force est de reconnaître que :

  • les mesures de tarification sont sans effet sur l'environnement, voire contre-productives;
  • le transport routier est partagé entre son obligation de satisfaire la demande de ses clients (moteur de l'économie) et celle de répondre aux exigences sociales ou environnementales;
  • les forces du marché vont continuer à augmenter la part de marché du transport routier;
  • le marché des transports est un marché d'acheteurs qui donne lieu à une concurrence féroce et à des bénéfices diminués par l'absorption des augmentations de prix;
  • selon la CEE/ONU, pour les distances inférieures à 500 km, il n'y a pas d'alternative économiquement viable au transport routier;
  • quelque 85% de tous les transports routiers sont effectués sur des distances inférieures à 150 km.
Prix des transports routiers aux USA par rapport à l'UE
(Source: IRU, octobre 1996)

Bon marché, le transport routier ? Pas en Europe !

Il existe des mesures rentables à la source qui permettent de considérablement limiter les émissions polluantes du transport routier

A. Amélioration de la circulation routière

La fluidité de la circulation, par opposition à une circulation encombrée, permet de réduire fortement les émissions et la consommation de carburant et d'améliorer la sécurité. Pour y parvenir, il faut mener conjointement deux actions complémentaires :

i. Optimiser l'utilisation de l'infrastructure existante et améliorer le flux du trafic indispensable. Plusieurs mesures efficaces peuvent être mises en oeuvre :

  • réserver une voie au trafic utilitaire;
  • autoriser les camions à partager les voies réservées aux autobus et taxis;
  • ralentir l'augmentation du nombre d'automobiles particulières et encourager les transports en commun;
  • encourager la création de centres de distribution en banlieue;
  • introduire une signalisation routière meilleure et harmonisée;
  • autoriser l'exploitation de véhicules jusqu'à 7.5 tonnes avec un simple permis "B" automobile,
  • autoriser les transports et la distribution de nuit et pendant le week-end;
  • élaborer et introduire des systèmes mécaniques et informatisés de gestion de la circulation.

ii. Investir dans des infrastructures nouvelles :

  • accélérer la construction des liaisons manquantes et éliminer les goulets d'étranglement;
  • explorer les possibilités d'ajouter des voies aux infrastructures existantes;
  • assurer que l'aménagement du territoire, y compris urbain, soit tourné vers l'avenir.

B. Produire des véhicules plus propres, plus silencieux et plus économes en carburant grâce aux progrès techniques

  • réduction des émissions polluantes par une amélioration de la performance des moteurs et du traitement des échappements;
  • usage de l'informatique embarquée pour évaluer et gérer la performance des moteurs;
  • amélioration de l'aérodynamique des véhicules utilitaires pour limiter encore la consommation de carburant;
  • choix de pneus et chaussées susceptibles de contribuer à une réduction des nuisances sonores et de la consommation de carburant;
  • limitation du poids à vide des véhicules lourds utilitaires afin d'augmenter la charge utile et de réduire la consommation de carburant et les émissions.

C. Amélioration de la qualité des carburants

  • fournir dès aujourd'hui des carburants plus propres pour limiter les émissions de l'ensemble des véhicules.

D. Amélioration du style de conduite

  • optimisation du style de conduite (vitesse, accélération, manoeuvres etc.) pour améliorer la sécurité en limitant la consommation de carburant, les émissions polluantes et l'usure des pneus et du train roulant.

E. Amélioration de la logistique

  • amélioration de la coordination entre transporteurs, expéditeurs et clients;
  • amélioration des systèmes de planification des trajets et des itinéraires;
  • introduction de nouveaux concepts logistiques pour la distribution urbaine;
  • optimisation de la capacité de charge en normalisant encore les emballages.

F. Recours accru aux véhicules lourds utilitaires

  • promotion de l'utilisation des véhicules utilitaires les plus lourds afin de limiter le nombre de camions sur les routes, d'améliorer l'efficacité des transports et la performance environnementale.
Consommation de carburant par taille de véhicule
(Source:CEC)
La consommation de carburant des véhicules lourds utilitaires est nettement plus basse que celle des petits camions et camionnettes.

G. Recours accru aux transports intermodaux lorsque ceux-ci sont économiquement et écologiquement rentables

La profession routière se considère comme une partenaire naturelle, plutôt que comme une concurrente du transport ferroviaire et de tout autre mode. Cependant, ce partenariat ne pourra être amélioré que si des mesures sont prises pour :

  • améliorer la coordination des transports vers et à partir des points de transfert;
  • normaliser les équipements;
  • améliorer les techniques de transbordement;
  • améliorer la collaboration transfrontalière entre compagnies de chemin de fer;
  • susciter et augmenter la concurrence entre compagnies de chemins de fer.
Graphique dynamique de la technique de transbordement horizontal pour tous types de conteneurs et caisses mobiles
Les techniques horizontales existantes peuvent contribuer à une réduction considérable du temps de chargement et de déchargement, améliorant ainsi l'efficacité du transbordement.

Il faut des instruments politiques efficaces pour atteindre les objectifs économiques, sociaux et écologiques

Des instruments politiques complémentaires peuvent faciliter la mise en oeuvre des principes, conditions préalables, politiques et pratiques évoqués ci-dessus. Parmi ceux-ci :

A. Législation

Règlements, lois et normes à caractère obligatoire, accompagnés de calendriers précis et des contrôles nécessaires pour assurer leur respect. Dans la mesure du possible, la législation devrait être harmonisée à l'échelon mondial pour éviter toute distorsion, et surtout appliquée sans discrimination.

B. Instruments financiers et fiscaux

La diversité du secteur des transports routiers se prête mieux à une réglementation par des instruments financiers et fiscaux que par la législation. Les entrepreneurs sont libres de décider, en fonction de leur situation financière, du calendrier des investissements qu'ils souhaitent consentir (p.ex. achat de véhicules plus propres mais plus chers, quoique moins taxés) dans la limite (de temps) du cadre législatif. Cependant, les mesures d'incitation fiscales doivent être contrôlées de près pour éviter une fragmentation de l'harmonisation fiscale ou de nouvelles distorsions de la concurrence

C. Codes de conduite volontaires

Au-delà du cadre politique qui peut être fourni par les gouvernements, de grandes réalisations sont possibles par l'application de codes de conduite volontaires, qui soulignent les pratiques les meilleures de la profession dans le domaine de la gestion de l'environnement. C'est là un outil efficace pour communiquer les principes et objectifs de l'Agenda 21 de façon pratique aux transporteurs, qui peuvent ensuite adopter des pratiques reconnues pour être efficaces, avec pour résultat une amélioration de leur performance économique et environnementale.

Les succès de la profession routière par rapport à l'environnement sont déjà impressionnants…

Il faut souligner que la profession routière, loin de ne s'éveiller qu'aujourd'hui aux problèmes d'environnement, a déjà été très active sur ce plan. Pour preuve :

  • en à peine cinq ans, grâce aux progrès techniques, les gaz d'émission polluants des véhicules lourds utilitaires ont été réduits jusqu'à 80%;
  • l'ensemble de la pollution atmosphérique imputable au transport routier de marchandises va être réduite de près de 50% entre 1995 et 2010, malgré la poursuite de l'augmentation de la distance totale parcourue par les véhicules;
  • les nouveaux véhicules lourds utilitaires consomment 1/3 de carburant en moins comparé aux chiffres d'il y a vingt ans;
  • le niveau de bruit de 24 véhicules lourds utilitaires de modèle 1998 ne dépasse pas celui d'un seul
  • le taux d'accident des camions a été réduit de 60%
véhicule utilitaire d'avant les années 1970! depuis les années 1970.

… à ses partenaires d'agir pour atteindre le développement durable

Forte du succès considérable des initiatives à la source, la profession entend poursuivre ses efforts pour limiter son impact sur l'environnement, tout en restant le moteur du développement économique. Cependant, pour parvenir au développement durable, les partenaires commerciaux et gouvernementaux du transport routier doivent assumer leur part de responsabilité.

La profession routière ne saurait assumer la responsabilité des tendances et évolutions qui dépassent le cadre de son influence, même si celles-ci ont un important impact sur sa performance environnementale, comme la congestion et la pollution résultant des carences dans la planification, la gestion et les investissements d'infrastructure, malgré une demande économique en constante augmentation.

L'engagement des gouvernements en faveur d'une mobilité durable des personnes et des marchandises n'a pas été suivi des investissements d'infrastructure nécessaires pour y parvenir. Les gouvernements qui ont souscrit aux Déclarations du Sommet de Rio ont le devoir de prendre les mesures nécessaires pour mettre en oeuvre les principes et les objectifs de l'Agenda 21.

De grands progrès sont possibles " si la voie est bien préparée

Avec une politique saine, une bonne planification et la mise en oeuvre de projets d'infrastructure à l'échelon mondial, l'on aboutira à une réduction des émissions polluantes sans pénaliser ni la profession routière, ni le développement de l'ensemble de l'économie.

Par contre, si de telles politiques et mesures ne sont pas appliquées, cela va freiner le développement économique, entraver la mobilité des personnes et des marchandises, et soumettre l'environnement à des pressions inutiles " à l'encontre des principes du développement durable.

La profession routière va poursuivre sa politique proactive

L'IRU entend réunir les parties concernées autour d'une table pour échanger leurs points de vue quant aux moyens de parvenir au développement durable. Elle tentera d'établir, avec ses partenaires commerciaux et les gouvernements, ainsi que le préconise l'Agenda 21, des actions communes pour relever les défis du développement durable

L'IRU va également continuer à appliquer les principes du développement durable là où ils auront le plus large impact, c'est-à-dire au niveau des transporteurs. Le Code de conduite de l'IRU y contribuera en signalant les pratiques les meilleures au niveau de la profession. Il servira de modèle aux associations membres de 64 pays. Le Code de conduite de l'IRU mettra l'accent, au niveau des exploitations, sur les pratiques susceptibles d'améliorer de façon significative la performance environnementale, la sécurité, la consommation de carburant ainsi que la rentabilité " en un mot, le développement durable.

L'IRU et ses membres ont fait la preuve de leur engagement et de leur détermination. C'est aux gouvernements qu'il appartient désormais d'ouvrir la voie en permettant à cet engagement et à cette détermination de porter leurs fruits sur la route du développement durable.


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