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Le changement, c’est la vie !
« Ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible. » Einstein.
Le 21ème siècle, souvent appelé le siècle de la communication, est en fait devenu, par un trop plein d’informations, le siècle de la désinformation. Ceci est tellement vrai que sur tous les sujets essentiels, l’explosion d’informations de l’ensemble des médias se résume finalement, la plupart du temps, à la pensée unique et au politiquement correct des modes fluctuantes. Alors que depuis le Siècle des Lumières, grâce à l’usage judicieux de la raison, à la faculté de juger, de distinguer le vrai du bon, s’ouvrait un progrès perpétuel dans le domaine de la connaissance, des réalisations techniques, et des valeurs morales, aujourd’hui, la diversité d’opinion et l’esprit critique ont été remplacés par le confort apporté par les moteurs de recherche surfant sur les vagues porteuses de la pensée unique dominante et du principe de précaution.
Selon Diderot, “Seules les passions, de grandes passions, peuvent élever l’âme à de grandes choses“ ; il faut donc, jour après jour, distinguer le mythe de la réalité.
En ce qui concerne les infrastructures de transport, suite à la chute du Mur de Berlin et à la fin de la bipolarisation du monde, des décisions importantes ont été prises pour rapprocher les peuples et les économies d’Europe et d’Asie. C’est dans ce cadre qu’en 1993, l’Union européenne lance l’important programme TRACECA (Transport Corridor Europe-Caucase-Asie). Cependant, malgré la centaine de projets d’assistance et d’investissements, payés à coups de millions d’Euros aux nombreux consultants impliqués dans le programme, alors que le transport international routier va doubler entre 2000 et 2020, on constate aujourd’hui, avec étonnement et regret, que TRACECA n’est qu’un mythe : aucune des infrastructures projetées n’a été construite.
La réalité paradoxale, c’est que dans le même temps, grâce à sa vision et à sa détermination, la Chine construit des autoroutes non pas seulement sur l’ensemble de son territoire, mais également vers les ports des pays voisins et vers les grands marchés mondiaux.
La réalité, c’est qu’on peut, dès aujourd’hui, relier Bangkok au nord de la Chine sans quitter l’autoroute. Une autre réalité, c’est que le projet en gestation depuis 1997 de réhabilitation de la mythique Route de la Soie, vient de faire un pas décisif vers sa concrétisation. En effet, grâce au leadership de la Chine, un accord vient d’être signé par l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Mongolie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, pour réaliser, ces dix prochaines années, le réseau d’infrastructures routières permettant de relier l’Asie à l’Europe, sans oublier le Moyen-Orient, la Turquie et la Russie. Son financement, de près de 20 milliards de dollars, sera réalisé sous l’égide de la Banque asiatique de développement.
La réalité totalement occultée c’est qu’actuellement, pour des raisons dogmatiques, moins de 1% du commerce entre les pays d’Europe et d’Asie transite par la voie terrestre de ces pays qui étaient pourtant, en leur temps, au cœur des échanges mondiaux. La réalité, c’est que l’importance du transport routier au service des échanges avec les nouvelles puissances émergentes d’Asie et du Moyen-Orient a été totalement sous-estimée, en particulier par les pays d’Europe.
En ce qui concerne le changement climatique, le mythe créé par la pensée unique et le politiquement correct consiste à lier le réchauffement de la planète au seul usage par l’homme des carburants fossiles et à leur production de CO2. La réalité, c’est que depuis des millénaires, l’histoire de la terre inscrite dans la roche prouve que la planète a déjà subi de très nombreux cycles réchauffement/refroidissement, allant même, au cœur de l’Europe, du climat subtropical avec palmeraies à de multiples glaciations. C’est pourquoi, la supposée corrélation entre la production de CO2 et le réchauffement climatique, n’est pas une preuve de causalité.
Le mythe, c’est que les biocarburants, l’hydrogène, peuvent très bien remplacer, dans le transport routier, les carburants fossiles. La réalité, c’est que les carburants fossiles, qui restent de l’Or Noir dans le transport routier tant ils sont taxés, n’ont pas d’alternative rentable. En revanche, une vraie politique énergétique globale permettrait facilement de les remplacer par d’autres énergies dans les installations fixes partout où, depuis longtemps, des alternatives rentables existent, comme dans les secteurs de production d’électricité et de chaleur qui consomment à eux seuls plus des trois quarts du pétrole.
Le mythe de la politique des transports et de la politique écologique dans de nombreux pays, c’est de transporter les marchandises par chemin de fer et par voie maritime partout où cela est possible et de relier ces ports par voie ferroviaire tout en restreignant le transport routier à la seule distribution finale.
La réalité c’est que la Chine est devenue l’usine principale du monde. Jusqu’à 80% des marchandises vendues par les plus grandes chaînes de distribution sont produites en Chine. La réalité qui en résulte, c’est aussi que l’ensemble du commerce entre les plus grands marchés mondiaux que sont les USA, l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique, s’opère entre un nombre très restreint de grands ports de plus en plus saturés, approvisionnés par des porte-containeurs de plus en plus grands.
La réalité, c’est que cette concentration de la majeure partie du commerce mondial, à travers 30 à 40 ports seulement, n’a pas seulement engendré des goulets d’étranglement, des temps d’attente et des coûts inutiles, elle a aussi pour effet pervers de créer une désertification croissante et préoccupante de l’arrière pays des régions et des pays qui n’ont pas d’accès direct à ces ports.
Une autre réalité totalement méconnue, et dans tous les cas ignorée de trop nombreux gouvernements, c’est que le transport routier, grâce au professionnalisme des transporteurs, et à la haute qualité de son irremplaçable service porte-à-porte, est le seul mode capable non pas seulement de transporter des marchandises de Chine vers les grands marchés mondiaux, mais aussi d’interconnecter tous les commerces et toutes les entreprises de tous les pays ouverts au commerce mondial.
La réalité c’est que le transport routier, qui est le seul mode de transport à satisfaire aux normes anti-pollution les plus sévères, n’est pas seulement écologique, il est aussi le seul mode permettant d’unir les gens et de mieux répartir les richesses.
En conclusion : en matière de transports, d’énergie, de changement climatique, Emile Zola nous mettait déjà en garde contre l’effet pervers de la pensée unique, en écrivant: “On finit par créer un danger en criant chaque matin qu’il existe.”
C’est pourquoi, pour tout scientifique, pour tout professionnel, pour tout décideur compétent et responsable, habitué à faire un usage judicieux de la raison, la critique de la pensée unique dominante actuelle, à l’encontre du transport routier, doit rester une source de motivation et d’encouragement à persévérer, car Charles Péguy disait aussi : “Qui ne gueule pas la vérité quand il sait la vérité se fait le complice des menteurs et des faussaires. “
Martin Marmy
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