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Exposé de M. Kakhramon Sydiknazarov
Chers participants au Congrès, Mesdames et Messieurs, Tout d'abord permettez-moi d'exprimer ma reconnaissance aux organisateurs de ce Congrès et au Secrétariat de l'IRU qui m'offrent l'opportunité de prendre la parole à ce XXVIIe Congrès Mondial de l'IRU et d'aborder des questions figurant à notre ordre du jour. Il est de notoriété publique que pour résoudre ces questions, il existe plus de 50 conventions et accords régissant les relations entre les transporteurs internationaux et les autorités gouvernementales dans le cadre des opérations de transport. Chaque convention ou accord portant sur ces questions exige des pays signataires qu'ils se conforment à leurs obligations. Néanmoins, les avantages inhérents à l'utilisation de ces instruments l'emportent, dans la majorité des cas, sur les obligations. La Convention douanière relative au transport international de marchandises sous le couvert de Carnets TIR (Convention TIR de 1975) en donne un excellent exemple. Un transporteur effectuant une opération de transit dans le cadre de cette Convention n'a pas à redouter la suspicion des autorités douanières. Je suis convaincu que le début du 21ème siècle sera marqué par la mise en œuvre de nouvelles conventions et accords internationaux qui contribueront à réduire les faits et événements négatifs survenant dans le cadre du transport routier international. Comme vous le savez tous, la République d'Ouzbékistan a l'intention de demander le statut d'observateur auprès de la Conférence Européenne des Ministres des Transports. Cette intention est dictée par notre volonté de contribuer de manière appropriée au développement d'infrastructures de transport rationnelles et à la création d'un réseau de communication fiable entre l'Est et l'Ouest, plutôt que par le désir d'augmenter la représentation de l'Ouzbékistan dans les organisations internationales. Pendant plus de deux millénaires, les connexions entre l'est et l'ouest et entre la Chine et Rome, apparues vers 100 B.C., avec l'ouverture de la Route de la Soie, ont joué un rôle prédominant dans l'histoire, la culture et la prospérité de cette région du monde, constituée actuellement des Etats d'Asie centrale. La Grande Route de la Soie, dont la prospérité a été effective pendant plus de 300 ans, était, avec ses quelque 13.000 km, la plus longue route du monde. S'étendant de Cadix sur la côte atlantique espagnole jusqu'à Shanghai en Chine, elle reliait Rome à l'empire byzantin (Istamboul), en passant par Ankara et Téhéran jusqu'à Machad, Bukhara, Samarkand et Fergana en Asie centrale et de là, elle gagnait Kachgar, en traversant le désert de Taklamakan, pour aller jusqu'à Xuzhou et enfin jusqu'à Xi’an et Shanghai sur la côte Pacifique. Par la suite la Route de la Soie a connu un essor aux 13e et 14e siècles avec l'émergence de l'empire mongol. C'est à cette époque que le grand explorateur, Marco Polo, emprunta cette route pour ses célèbres voyages en Chine. Aujourd'hui, à l'aube du 21e siècle, l'idée de réhabiliter la Route de la Soie, qui offrirait une alternative à l'encombrement des routes actuelles reliant la Chine à l'Europe par l'Asie centrale, est devenue réalité. Elle pourrait se concrétiser par une ligne de chemin de fer ou une autoroute, l'objectif étant, dans l'un et l'autre cas, l'installation d'équipements de transport modernes pour les opérations commerciales. Les itinéraires alternatifs sont considérés comme étant viables et concurrentiels quand ils commencent à influencer le coût du transport et la qualité des services du pays qu'ils traversent. L'une des principales raisons de procéder à la réhabilitation de la Route de la Soie vient du fait que 29 pays sont actuellement enclavés dans les terres suite à l'émergence des Etats nouvellement indépendants. Pour ce qui est de l'Ouzbékistan, on peut dire qu'il occupe une position particulière dans cette liste, vu qu'il est le seul pays au monde à traverser au moins deux pays pour rejoindre la mer. L'Autriche et la Suisse constituent des exemples parfaits de pays qui, bien qu'enfermés dans les terres et situés au centre du continent, font traverser leur territoire par des itinéraires plus courts franchissant les Alpes pour relier les pays de l'Europe du Nord et de l'Ouest avec l'Europe méridionale et orientale, tout en apportant à leurs économies des avantages économiques concrets. Cinq pays d'Afrique centrale et orientale formant la région du "Corridor nord" en sont un autre exemple. Le 19 février 1985, les Gouvernements du Burundi, du Kenya, du Rwanda, de l'Ouganda et du Zaïre ont signé "l'Accord sur le développement du Corridor nord", consacré plus particulièrement au droit de transit. Dans une large mesure, les nouvelles voies ferrées et autoroutes ainsi que les autres itinéraires de transit partant des Républiques d'Asie centrale ont pleinement contribué à des opportunités commerciales dans de nouveaux secteurs tant pour les Républiques d'Asie centrale que les pays voisins. En avril 1998, la Fédération routière internationale a tenu sa première Conférence Internationale sur la Route de la Soie à Achgabat permettant aux participants de discuter en détail des corridors de transport routier ainsi que de leurs avantages et inconvénients. Sur les nouveaux itinéraires proposés reliant l'Ouzbékistan à l'Europe centrale les plus attrayants sont certainement l'itinéraire de 6.700 km, reliant le Turkménistan, la mer Caspienne, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la mer Noire, la Bulgarie et la Roumanie à l'Europe centrale et un itinéraire terrestre similaire, d'une longueur de 7.600 km, assurant la liaison de l'Ouzbékistan à l'Europe centrale en passant par le Turkménistan, la République islamique d'Iran, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie. La réalisation de ces itinéraires devrait également être facilitée par l'accord de base multilatéral sur le transport international pour le développement du corridor Europe-Caucase-Asie, signé à Bakou (Azerbaïdjan), le 8 septembre 1998, par les pays du corridor. L'un des projets initiés par la communauté européenne dans le cadre de l'initiative TACIS/TRACECA a également pour but de promouvoir la mise en oeuvre de cet accord. Ce projet prévoit de financer la Commission mixte intergouvernementale chargée de mettre en application l'accord multilatéral de Bakou. J'aimerais souligner que la République d'Ouzbékistan progresse selon un système de planification pour réhabiliter la Route de la Soie. C'est ainsi que l'Ouzbékistan, le Kirghizstan et la Chine ont signé un accord sur le transport routier international, le 19 février 1998, à Tachkent. Les parties à cet accord ont décidé tout d'abord d'ouvrir au trafic routier la section de l'itinéraire assurant la liaison entre Tachkent – Andijan – Och – Irkeshtam – Kachgar. Un tronçon d'autoroute reliant Tachkent à Andijan est déjà en construction depuis deux ans. Bien qu'il doive être officiellement en service en 2001, il est déjà ouvert au trafic. Un tronçon d'autoroute traversant le territoire de la Chine est également en construction. Nos partenaires de la République populaire de Chine invités au Congrès pourraient nous donner des informations sur ces travaux. L'achèvement du tronçon d'autoroute dont il est question permettra d'effectuer le transport des marchandises de l'Europe à la Chine en utilisant les meilleurs atouts du transport routier, tels que la mobilité, la livraison "porte à porte" (ou directement du fournisseur au destinataire) et autres. Enfin et surtout, il signifiera la réhabilitation de la Grande Route de la Soie qui a contribué pendant tant d'années au développement économique et culturel des pays d'Europe et d'Asie. En conclusion j'aimerais remercier vivement l'Union Internationale des Transports Routiers et, avant tout, les organisations belges de transport routier d'avoir accueilli et organisé ce XXVIIème Congrès Mondial ainsi que ses événements sociaux aussi intéressants les uns que les autres. Merci de votre attention. |
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