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Discours de Mme de Palacio
Mesdames, Messieurs, D'emblée je souhaite vous dire combien c'est un honneur et un plaisir pour moi de prendre la parole à cette Session d'ouverture du 27ème Congrès mondial de l'IRU. Et cela essentiellement, pour deux raisons:
Les deux points que je souhaite aborder dans mon exposé, sont, d'abord, la place et le rôle du transport routier ainsi que de sa représentation professionnelle, et, ensuite, les grandes lignes de la politique commune des transports. Dans une économie de plus en plus globale et donc compétitive, chaque maillon de la chaîne de production et de distribution se trouve confronté au besoin d'augmenter sa propre compétitivité et ainsi celle de la chaîne tout entière. Il en va de même pour les transports routiers. Je constate que les transports routiers ont réussi par leur efficacité, leur rapidité, leur fiabilité, leurs coûts réduits, en un mot par l'excellent rapport qualité/prix de leurs services, à améliorer considérablement la compétitivité de leurs prestations économiques. Ainsi d'année en année, les transports routiers ont pu augmenter leur part de marché, ils ont pu accroître le niveau d'emploi et ils ont pu renforcer leur position comme mode de transport incontournable soit comme moyen de transport unimodal, soit en combinaison avec d'autres modes de transport. En conséquence, je tiens à féliciter publiquement l'IRU et ses membres pour cette performance économique qui constitue également un service de valeur au bénéfice des entreprises et des citoyens. Mais, et je suis certaine que vous êtes d'accord, ce succès incontestable entraîne des responsabilités que votre profession a le devoir d'assumer. La prestation de service de transport, que vous fournissez, doit être le moins nuisible possible pour la société. Je reconnais que vous avez commencé à prendre sérieusement en charge vos responsabilités. En effet, l'IRU et ses associations membres et transporteurs affiliés ont signé en 1996 lors de leur 25ième Congrès mondial à Budapest, la Charte de l'IRU pour le développement durable. Par cette Charte, ils se sont engagés, d'une part, à œuvrer ensemble pour l'objectif commun de transports routiers durables et, d'autre part, à la mise en place de transports routiers respectueux de l'environnement et des autres usagers de la route. Dans le même esprit, vous avez justement promu la mobilité durable au rang de thème central de leur Congrès mondial de cette année. Afin de rendre le système des transports plus sûr, plus efficace, plus respectueux de l'environnement et donc plus durable, l'IRU adopte des prises de positions communes après une procédure de consultation et d'arbitrage interne impliquant tous ses membres. Je suis au courant du fait que sur cette base, l'IRU soutien auprès de ses membres le développement de la sécurité routière, le recours aux transports intermodaux pour les moyennes et longues distances, le meilleur usage possible du matériel de transport et des infrastructures disponibles, l'application des technologies modernes ainsi que l'identification et la propagation des meilleures pratiques. L'action d'une organisation professionnelle, ne suffit cependant pas en elle-même. En effet cette action doit être encadrée, orientée et soutenue par les initiatives réglementaires et administratives des pouvoirs publics. Et ceci m'amène au deuxième point de mon exposé, qui porte sur les grandes orientations de la politique commune des transports pour les années à venir. Politique commune que l'on pourrait également appeler celle de la mobilité ou de l'accessibilité durable. Rappelons brièvement les objectifs clés de cette politique: efficacité économique, sécurité des transports, respect de l'environnement. Efficacité économique, car tout ce qui est inefficace constitue une perte et un recul; nous voulons au contraire augmenter le niveau de vie de nos citoyens et de nos sociétés. Sécurité des transports, car la protection de l'intégrité physique et de la santé de tous ceux qui participent au transport constitue un but majeur de nos sociétés contemporaines. Respect de l'environnement, car nous ne devons pas pour satisfaire nos besoins actuels compromettre la capacité des générations futures à satisfaire à leurs propres besoins. Pour réaliser ces objectifs, et donc la mobilité durable, je suis persuadée que la mise en place d'un ensemble cohérent et équilibre de diverses mesures est indispensable. Parmi ces mesures, je souhaite en mentionner six, à savoir:
Je me permets de saisir cette occasion pour confirmer mon intention d'actualiser le Livre Blanc sur la Politique Commune des Transports qui date de 1992. Sans vouloir, ici, aborder les thèmes du Livre Blanc je peux vous dire que je souhaite y préciser les priorités de chaque mode, redéfinir le contenu de certaines mesures, lancer de nouvelles idées et clarifier les approches à suivre. Ainsi je voudrais réfléchir sur les changements en cours dans nos sociétés au niveau de la production, du commerce, de l'emploi, des loisirs, de la distribution et de la consommation pour en tirer des conclusions en matière de politique de transport. Je voudrais également, et pour des raisons évidentes, intégrer davantage l'aspect "énergie" dans la politique des transports. Enfin, je voudrais aborder la poursuite de l'intégration européenne par l'élargissement de l'Union, qui est un thème central de la politique commune des transports et qui sera traité comme tel dans le Livre Blanc. L'importance historique, socio-économique et culturelle de l'élargissement ne peut pas être surestimée. Je connais la position de l'IRU en ce qui concerne l'élargissement et les transports routiers. Compte tenu de la spécificité des transports routiers vous plaidez pour une ouverture graduelle des marchés de l'Union en échange de la transposition graduelle de l'acquis communautaire par les Etats adhérents. Cependant au niveau de l'Union aucune décision n'a encore été prise au sujet d'une éventuelle initiative en la matière. Certes en décembre de l'année passée le Conseil et la Commission ont reconnu que l'ouverture complète du marché des transports routiers pourrait avoir des effets considérables sur le secteur, la sécurité et l'environnement. Par conséquent un système de transition souple devra être examiné à un stade ultérieur des négociations d'adhésion. Pour ma part, et sans vouloir préjuger les conclusions de cet examen, je considère qu'une approche graduelle est raisonnable mais il ne faut pas sous estimer les difficultés politiques, juridiques et pratiques qu'il conviendrait de surmonter. Voilà quelques considérations sur la politique des transports, le Livre Blanc et l'élargissement que je me propose d'approfondir, d'affiner et de concrétiser avec mes services dans les mois qui viennent, tout en restant en contact étroit avec les Etats membres, les autres Institutions et les professionnels du transport. J'attache une grande importance à ces contacts, y compris ceux avec les organisations professionnelles, comme l'IRU. En effet, je suis profondément convaincue qu'une bonne coopération entre le secteur public et le secteur privé constitue la meilleure garantie pour la mise en place de solutions bien comprises, efficaces et durables. C'est dans cet esprit que je souhaite poursuivre mon action politique dans les transports. Je suis certaine que je peux compter sur le soutien de l'IRU afin de réaliser nos objectifs, dans l'intérêt de nos citoyens, dans l'intérêt du monde des transports et dans l'intérêt de l'Union européenne tout entière. Je vous en remercie. |
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