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Exposé de Mr. Ju Chengzhi
Monsieur le Président, Distingués Délégués, Mesdames, Messieurs, Permettez-moi avant tout, au nom du Ministère de la communication de la République populaire de Chine, de remercier chaleureusement la Belgique ainsi que l'Union Internationale des Transports Routiers (IRU) d'avoir invité une délégation chinoise à participer au 27ème Congrès mondial de l'IRU. Nous sommes enchantés d'avoir ainsi l'occasion de discuter et d'échanger nos vues avec des délégués et experts d'autres pays. Etant donné les progrès rapides de la science et de la technologie, et au vu de la forte augmentation de la tendance à la mondialisation de l'économie, les échanges et la coopération dans les domaines économique et technologique jouent un rôle de plus en plus important dans le développement économique de tous les pays de la planète. Pour favoriser les échanges et la coopération dans ces domaines, il est indispensable que les secteurs des transports des divers pays renforcent aussi la coopération et les échanges mutuels. Le fait de nous réunir ici aujourd'hui reflète bien les tendances et l'état du développement mondial et va certainement contribuer à promouvoir les relations, la communication et l'entente mutuelle entre les secteurs des transports des divers pays. En servant de passerelle pour mettre en rapport les secteurs des transports de par le monde, l'IRU a largement contribué à promouvoir la coopération et les échanges entre professionnels du transport. L'Association chinoise des transports routiers envisage très sérieusement de devenir membre de l'IRU afin, conformément aux Statuts et au Règlement intérieur de l'IRU, de développer les échanges et de favoriser l'entente avec nos collègues d'autres pays, dans le but d'unir nos efforts pour promouvoir le développement des transports partout dans le monde. Je saisis cette occasion pour vous présenter, pour information, un bref aperçu de l'évolution des transports routiers en Chine et pour illustrer les plans et mesures concrètes prises par le Ministère chinois de la communication dans le cadre du thème de mon exposé au Congrès "Facteur de mobilité : la Route de la Soie unit l'Europe au Pacifique au-delà de l'an 2000". Au cours des deux dernières décennies du 20ème siècle, et grâce à la politique de réforme et d'ouverture au monde menée par la Chine, ce pays a bénéficié d'un taux annuel de croissance économique relativement élevé de plus de 9%. Le niveau de vie de la population s'est nettement amélioré et la société a connu d'importantes mutations. Au cours de cette période, l'économie et le commerce tant de la Chine que du reste du monde ont rapidement évolué. Le volume global des importations et exportations de la Chine a atteint 360.6 milliards d'USD, ce qui la situe au 9ème rang mondial selon les statistiques de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Si la Chine est admise au sein de l'OMC cette année, elle adoptera une politique plus souple d'ouverture de son marché intérieur, permettant aux entreprises et investisseurs étrangers de s'implanter en Chine tout en continuant à développer son commerce extérieur. A la fin de 1999, près de 1'000 co-entreprises (joint ventures) au capital sino-étranger avaient été autorisées et établies dans le domaine des transports routiers. Les entreprises étrangères qui souhaitent investir dans les transports routiers en Chine, dans un esprit d'égalité et d'avantages réciproques, sont désormais les bienvenues. L'industrie des transports est un pilier de l'économie nationale chinoise, et a joué un rôle déterminant dans le développement économique de notre pays. Durant les trois décennies qui séparent la fondation de la République populaire de Chine en 1949 de l'adoption de la politique de réforme et d'ouverture au monde en 1978, la Chine était en phase d'industrialisation. Au départ, les produits prioritaires à transporter étaient surtout des matières premières (fer, acier, minéraux) ou combustibles (charbon, pétrole). La Chine est un vaste pays, les distances y sont énormes. C'est pourquoi l'accent a d'abord été mis sur le développement des transports par chemin de fer ou voie navigable. A fin 1978, 90% des marchandises et 70% des voyageurs étaient acheminés par rail ou par voie navigable; mais le transport routier était également en plein essor. Particulièrement durant les deux décennies qui ont suivi l'adoption de la politique de réforme et d'ouverture, le Gouvernement chinois a pris nombre de mesures importantes pour améliorer le réseau routier et accélérer le développement des transports routiers. D'énormes sommes ont été investies dans la construction d'infrastructures routières ces dernières années. Ces investissements étaient de l'ordre de 120 milliards de RMB en 1997, et ont dépassé les 200 milliards les deux années suivantes. Pour l'an 2000, ces investissements vont culminer. La construction des routes, la technologie et la gestion des transport routiers ont connu une évolution rapide. A fin 1999, la longueur totale du réseau routier ouvert au public atteignait 1'336 millions de kilomètres, dont environ 93% de routes goudronnées. Les ponts routiers étaient au nombre de 220'000, couvrant 7.45 millions de mètres. L'essor économique exige désormais la construction de voies rapides en Chine. L'ouverture de la première autoroute de Chine, en octobre 1988, ne date que de dix ans. Mais à fin 1999, la longueur totale du réseau autoroutier atteignait 11'000 kilomètres, faisant de la Chine l'un des pays les plus avancés dans ce domaine. A l'heure actuelle, la base du réseau routier chinois est bien établie, qui rayonne des centres de l'économie vers les zones voisines et s'étend jusqu'aux immenses zones rurales, avec pour centres névralgiques la capitale Beijing et les municipalités avoisinantes, sous le contrôle direct du gouvernement central, ainsi que les chefs-lieux des provinces. Actuellement, tous les départements, 99% des villes et 87% des villages sont desservis par la route. Le transport routier est devenu le mode prépondérant, grâce à sa couverture étendue, et joue un rôle important dans le développement économique régional et pour le niveau de vie de la population. Pour répondre à la croissance économique nationale, le Gouvernement chinois a établi les principes du développement de la construction routière ainsi que ses objectifs à long terme. Plus précisément, il est prévu de construire, entre 1990 et 2010, 12 routes nationales, donc 5 d'est en ouest et 7 du nord au sud, totalisant environ 35'000 kilomètres et reliant des villes importantes, centres de l'industrie, centres de transport et principaux ports. D'ici 2002, nous allons nous atteler particulièrement à la construction de 2 itinéraires routiers nord-sud, 2 est-ouest et 3 tronçons routiers importants, sur près de 17'000 kilomètres. Pour l'instant, ce calendrier est respecté. Avec le développement économique, la structure industrielle et celle des produits ont connu d'importantes mutations. La part des produits de base traditionnels est en baisse, alors que la demande en produits finis et à forte valeur ajoutée exige une augmentation de la capacité, de la qualité, de la rapidité et de la flexibilité des moyens de transport. Répondant à la demande de la société, le transport routier s'est développé très rapidement. Simultanément, l'amélioration des infrastructures routières occasionne des progrès rapides pour l'ensemble de la technologie dans ce domaine, tout en favorisant la compétitivité du transport routier par rapport aux autres modes. Ainsi, le rôle et les fonctions assurées par le transport routier sont passés de mineurs à indispensables. En 1998, le nombre de véhicules privés immatriculés dans le pays atteignait 13.26 millions, dont 200'000 véhicules spéciaux pour le transport de conteneurs, conteneurs frigorifiques et diverses cargaisons volumineuses, d'une capacité utile d'environ mille tonnes. En 1978, le nombre d'immatriculations atteignait à peine 1.36 millions. A l'heure actuelle, le nombre de véhicules augmente de plus d'un million chaque année. En 1998, le pays comptait 3.613 millions d'entreprises de transport employant 12.95 millions de personnes et assurant le transport de respectivement 12.5 milliards de personnes pour un volume de 614.5 milliards de passagers/kilomètres, et de 9.9 milliards de tonnes de marchandises pour 597.3 milliards de tonnes/kilomètres. De 1978 à 1998, les taux de croissance annuels du transport de personnes et des passagers/km ont été respectivement de 11.2% et de 4.8%, et ceux du transport de marchandises et des tonnes/km respectivement de 12.9% et de 10.4%, cette performance dépassant celle des transports par rail et voie navigable. Par rapport à 1978, en 1998 la part des transports routiers sur l'ensemble du volume des transports, tous modes confondus, était passée de 58.7% à 91.3% pour le nombre de voyageurs, de 29.9% à 56.3% en termes de passagers/km, de 69.4% à 77.2% pour le volume de marchandises et de 6.3% à 14.5% en termes de tonnes/km. Le transport routier est devenu le mode prépondérant, ayant fermement établi son rôle essentiel au sein de l'offre globale des transports. Le transport routier ne se contente pas d'acheminer la plus grande partie des marchandises, il apporte également une importante valeur ajoutée pour l'industrie, est une source importante d'emplois et contribue largement tant à l'essor économique qu'à la stabilité sociale de la Chine. Au 21ème siècle, la Chine va passer de l'industrialisation à la modernisation. Avec la poursuite du développement économique et de la mutation de la structure de l'industrie, la part des transports routiers va encore augmenter par rapport à l'ensemble du volume des transports. Le transport routier ne se cantonnera plus aux transports à courte et à moyenne distances, mais va démontrer sa force également dans les transports à longue distance. Les autoroutes vont devenir une part importante du système de transport, et le rôle du transport routier dans le développement socio-économique va devenir de plus en plus essentiel. Après ce préambule, j'aimerais vous présenter les idées et les initiatives du secteur des transports de la Chine dans le cadre du thème "Facteur de mobilité : la Route de la Soie unit l'Europe au Pacifique au-delà de l'an 2000". Comme chacun le sait, la Chine a une longue tradition de relations économiques, culturelles et commerciales avec les pays d'Asie centrale, relations qui remontent à l'époque de la Route de la Soie, il y a quelque 2000 ans. La Route de la Soie a joué un rôle historique en favorisant les échanges et le développement économiques, commerciaux et culturels entre l'Asie et l'Europe. Les dirigeants chinois ont récemment exprimé le souhait d'une collaboration active avec les divers pays concernés pour faire renaître cet itinéraire. Conformément aux politiques et programmes nationaux, le secteur des transports de Chine a pris nombre de mesures concrètes pour développer les transports routiers entre la Chine et les pays d'Asie centrale et occidentale; les progrès dans ce domaine sont considérables. Premièrement, dans le but de renforcer la coopération économique et commerciale avec les pays de la région et de promouvoir les échanges avec les nations voisines, le gouvernement chinois a conclu, par le biais de consultations et dans un esprit d'égalité et d'avantages réciproques, une série d'accords bilatéraux sur les transports routiers avec 10 de ses voisins, dont les pays d'Asie centrale limitrophes de la Chine. Sur la base de ces accords, et soucieuse de développer l'économie de la région, la Chine s'est engagée dans des transports routiers transfrontaliers multilatéraux, offrant à ceux de ses voisins qui ne l'avaient pas un accès à la mer à travers son territoire. A fin 1998, la Chine avait ouvert plus de cent itinéraires routiers à ses voisins, et le nombre des ports de Classe I ouvert aux pays étrangers atteignait 58. Nous pensons que la conclusion et la mise en application de ces accords bilatéraux et multilatéraux sont le fruit des efforts pragmatiques entrepris par la Chine pour promouvoir la renaissance de la Route de la Soie. Deuxièmement, depuis l'an dernier, le Gouvernement chinois a décidé d'accélérer le développement de la partie occidentale de son territoire, et a défini la construction routière comme une mesure importante dans ce cadre. En sus du programme de construction d'origine, qui prévoyait un système de routes nationales composé de 5 itinéraires sud-nord et de 7 est-ouest, 8 routes nationales supplémentaires vont être conçues pour assurer à l'ouest du pays des services de transport reliés aux régions centrale et orientale, au nord et au sud du pays, ainsi qu'aux pays voisins. Le développement de l'ouest de la Chine va largement contribuer au programme de renaissance de la Route de la Soie. En outre, plus de 4'400 kilomètres relient l'Europe au Pacifique à travers le territoire chinois, entre Khorgos et Lianyungang, traversant le centre de la Chine d'ouest en est. Il s'agit de la route nationale dont nous avons prévu d'accélérer la construction, qui devrait s'achever en 2002 et répondre aux normes les plus élevées en la matière. De plus, une liaison ferroviaire jusqu'à Kashi, au centre du Xinjiang, a également été construite et ouverte au trafic. Ces mesures répondent au besoin de développement de l'économie nationale et jettent une base solide pour la réouverture de la Route de la Soie. Les pays traversés par la Route de la Soie entretiennent de longue date des relations amicales ainsi qu'une coopération économique et commerciale; les perspectives de développement sont excellentes, et l'occasion est historique. En effet, ces pays aspirent depuis longtemps à développer les transports routiers entre eux. Il va sans dire que leur proximité géographique, la complémentarité de leurs économies et les relations anciennes qui les unissent vont encore accélérer le développement et la portée de la coopération économique, commerciale et dans le domaine des transports ainsi que les échanges culturels entre ces peuples. Nous espérons sincèrement poursuivre le développement du transport routier entre les pays d'Asie centrale et occidentale tout au long de la Route de la Soie, promouvoir les échanges économiques, commerciaux et personnels et faire avancer le développement économique dans cette région. La renaissance de la Route de la Soie sera une étape importante dans l'établissement d'un itinéraire économique, rapide et pratique reliant l'Europe au Pacifique. Poursuivons donc dans cette voie et unissons nos efforts pour ranimer la Route de la Soie et ainsi rapidement ouvrir l'itinéraire routier qui reliera l'Europe au Pacifique. Tous nos voeux de succès au 27ème Congrès mondial de l'IRU ! Monsieur le Président, je vous remercie. |
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